Article pédagogique vérifié le 3 septembre 2026 à partir de sources administratives. La fiscalité dépend de votre situation : faites valider vos choix par votre service des impôts ou un professionnel.
Créer une activité de location meublée ne consiste pas seulement à publier une annonce. Il faut distinguer le statut LMNP ou LMP, déclarer l’activité, vérifier les formalités locales et choisir un régime fiscal adapté. Voici le parcours dans le bon ordre.
📖 Sommaire
1. Vérifier votre statut LMNP ou LMP
Pour l’administration fiscale, vous êtes loueur en meublé non professionnel si au moins l’une des deux conditions suivantes est remplie :
- les recettes annuelles de location meublée du foyer ne dépassent pas 23 000 € ;
- ces recettes ne dépassent pas les autres revenus d’activité du foyer fiscal.
Le statut LMP suppose donc que les deux seuils soient franchis simultanément : plus de 23 000 € de recettes et des recettes de location meublée supérieures aux autres revenus d’activité du foyer. Le dépassement de 23 000 € à lui seul ne suffit pas.
Le logement doit par ailleurs répondre aux critères d’une location meublée et comporter les équipements obligatoires. Cette exigence concerne la qualification du logement ; ce n’est pas une troisième condition du statut LMNP.
2. Vérifier les formalités de la commune
Les démarches varient selon l’adresse et l’usage du logement. À Bordeaux, un numéro d’enregistrement doit figurer sur les annonces. La résidence principale est limitée à 90 jours par an depuis le 1er janvier 2026 ; une résidence secondaire nécessite une autorisation de changement d’usage avec compensation.
Dans les autres communes, consultez le site de la mairie ou de l’intercommunalité avant la mise en location. Ne transposez pas automatiquement les règles de Bordeaux à toute la métropole.
Notre guide sur la réglementation Airbnb à Bordeaux en 2026 détaille le cas bordelais.
3. Déclarer l’activité et obtenir un SIRET
La création de l’activité s’effectue sur le guichet unique des formalités des entreprises. Vous indiquez notamment l’identité de l’exploitant, l’adresse du logement, la date de début d’activité et les informations fiscales demandées. Après traitement, l’activité reçoit un numéro SIRET.
La déclaration doit être effectuée dans les délais applicables au début d’activité. En cas de doute sur la date ou la catégorie à déclarer, interrogez le guichet unique ou votre service des impôts des entreprises.
Voir aussi notre article Immatriculation LMNP : SIRET et démarches.
4. Choisir entre micro-BIC et régime réel
Pour les recettes perçues en 2026, les règles diffèrent selon le classement du meublé :
| Type de location touristique | Seuil micro-BIC 2026 | Abattement |
|---|---|---|
| Meublé de tourisme non classé | 15 000 € | 30 % |
| Meublé de tourisme classé ou chambre d’hôtes | 83 600 € | 50 % |
Au micro-BIC, l’administration applique l’abattement forfaitaire : vous ne déduisez pas vos charges réelles en plus.
Au régime réel, vous déterminez le résultat imposable en déduisant les dépenses éligibles et, sous conditions, l’amortissement du logement et du mobilier. Une comptabilité et des justificatifs sont nécessaires.
Le régime réel d’imposition des bénéfices ne donne pas automatiquement droit à récupérer la TVA. La location meublée est en principe exonérée de TVA. Des règles particulières peuvent s’appliquer lorsqu’au moins trois prestations de type hôtelier sont proposées.
L’option pour le réel est reconduite tacitement chaque année, sauf renonciation dans les délais. Elle n’est pas irrévocable pendant trois ans.
5. Respecter les obligations en cours d’activité
- Déclarer les recettes : via la 2042-C-PRO au micro-BIC ou une déclaration de résultat au réel.
- Conserver les justificatifs : particulièrement au régime réel.
- Vérifier la CFE : l’assujettissement et les exonérations dépendent de la situation et de l’usage du bien.
- Gérer la taxe de séjour : contrôlez ce que chaque plateforme collecte et reverse. Pour une réservation directe, la collecte et le reversement vous incombent généralement.
- Suivre les règles locales : enregistrement, plafond de jours, changement d’usage et copropriété.
Questions fréquentes
Dépasser 23 000 € entraîne-t-il automatiquement le statut LMP ?
Non. Pour être LMP au sens fiscal, les recettes doivent aussi dépasser les autres revenus d’activité du foyer. Les règles de cotisations sociales constituent un sujet distinct à vérifier.
Le régime réel permet-il de récupérer automatiquement la TVA ?
Non. Le régime d’imposition des bénéfices et la TVA sont deux mécanismes différents.
Le classement du meublé a-t-il encore un intérêt fiscal ?
Oui : pour les recettes 2026, le micro-BIC des meublés classés prévoit un seuil et un abattement plus favorables que ceux des meublés non classés.
Bordeluche prend en charge l’annonce, les voyageurs, le ménage et le pilotage des revenus. La validation fiscale et juridique personnelle reste du ressort de vos conseils.