Bordeaux est devenue l'une des communes les plus restrictives de France pour la location courte durée (LCD). En quelques années, la combinaison pression touristique, crise du logement et politique municipale a transformé le cadre réglementaire local de façon profonde.
En 2026, Bordeaux Métropole impose des règles qui vont bien au-delà du cadre national. Connaître ces spécificités avant d'investir ou de mettre son bien en location n'est pas une option — c'est une nécessité.
📖 Sommaire
1. Le seuil 90 nuits : la décision qui a tout changé
Depuis le 1er janvier 2026, Bordeaux impose un plafond de 90 nuits par an pour la location de résidences principales en LCD — contre 120 nuits au niveau national. C'est la commune de plus de 200 000 habitants la plus restrictive de France.
Concrètement : au-delà de 90 nuits, votre annonce devient illégale. Les plateformes ont l'obligation de transmettre vos données à la mairie. Les amendes peuvent atteindre 50 000 € en cas de dépassement délibéré.
Pour les résidences secondaires, c'est encore plus strict : le changement d'usage est obligatoire, avec une compensation foncière à prévoir.
2. Les règles selon les communes de la Métropole
| Commune | Plafond résidence principale | Changement d'usage secondaire | Potentiel LCD |
|---|---|---|---|
| Bordeaux Centre | 90 nuits/an | Obligatoire + compensation | Élevé mais très encadré |
| Bègles | 120 nuits/an | Selon zones | Excellent, moins restrictif |
| Mérignac | 120 nuits/an | Selon zones | Bon (proximité aéroport) |
| Le Bouscat | 120 nuits/an | Selon zones | Bon, marché résidentiel premium |
| Talence / Bruges | 120 nuits/an | Selon délibération locale | Correct, clientèle mixte |
Vérifiez toujours les délibérations en vigueur auprès de la mairie concernée — les règles évoluent chaque année.
3. Changement d'usage : obligatoire pour les non-résidents
Le changement d'usage est la procédure qui transforme un logement d'habitation en meublé de tourisme de manière permanente. À Bordeaux, si vous n'habitez pas le bien à titre de résidence principale, vous ne pouvez pas le mettre en LCD sans cette autorisation.
La compensation foncière : à Bordeaux, tout changement d'usage est soumis à une obligation de compensation. Vous devez rendre disponible un logement équivalent dans la commune — ce qui représente un coût de 5 000 € à 20 000 € selon les quartiers, parfois davantage dans les secteurs où l'offre est rare.
Guide complet : comment obtenir le changement d'usage à Bordeaux →
4. Ce que tout propriétaire doit faire en 2026
Étape 1 : Vérifier que votre commune impose un enregistrement et obtenir votre numéro. Sans ce numéro, votre annonce est illégale.
Étape 2 : Calculer votre plafond de nuits. En résidence principale à Bordeaux : 90 nuits/an maximum. Dans les autres communes de la Métropole : 120 nuits.
Étape 3 : Préparer votre conformité fiscale. Avec la réduction du seuil micro-BIC à 77 700 €/an (loi Le Meur), de nombreux propriétaires bordelais rentables dépassent ce seuil. Faites une simulation comparative entre micro-BIC et BIC réel. Guide fiscal LMNP / BIC réel →
Étape 4 : Anticiper le DPE. Si votre bien est classé F ou G, des travaux de rénovation énergétique sont nécessaires avant de pouvoir louer.
5. Bordeaux reste attractive — à condition d'être bien accompagné
Malgré les restrictions, Bordeaux reste l'un des marchés LCD les plus porteurs de France. La différence entre un propriétaire pris en défaut et un qui navigue sereinement ces contraintes ? L'accompagnement. Une conciergerie qui connaît le cadre réglementaire local vous évite les erreurs coûteuses — et vous aide à transformer les obligations en avantage compétitif.
Pour aller plus loin, consultez le cadre national complet de la réglementation LCD.